Conférence Nationale du Handicap – CNH 2026 : les troubles Dys, des annonces aux actes
La FFDys salue des avancées importantes, mais demande désormais des engagements concrets, un calendrier et des moyens.
Paris, septembre 2026 – La Fédération Française des Dys (FFDys) salue plusieurs annonces de la Conférence nationale du handicap (CNH) 2026 concernant les troubles Dys (Dyslexie, Dyscalculie, Dysphasie (TDL), Dyspraxie (TDC).
L’annonce de la Haute Autorité de santé (HAS) de lancer, d’ici la fin de l’année 2026, des travaux en vue d’une recommandation spécifique sur les troubles Dys constitue une avancée majeure, attendue depuis de nombreuses années.
La CNH annonce également un repérage plus précoce permettant de mettre en place des adaptations pédagogiques sans attendre le diagnostic, une amélioration des aménagements aux examens, le développement d’outils pédagogiques accessibles, ainsi qu’un renforcement de l’accessibilité de l’école et de l’enseignement supérieur.
Pour la FFDys, ces annonces vont dans la bonne direction, mais elles ne peuvent constituer une réponse suffisante aux difficultés rencontrées aujourd’hui par les personnes Dys et leurs familles.
La question est désormais celle de l’effectivité : comment garantir concrètement, partout en France, les droits et les accompagnements dont les personnes Dys ont besoin ?
Une recommandation HAS : une avancée, mais il faut maintenant agir.
La future recommandation de la HAS doit permettre de disposer enfin d’un cadre national de référence pour les troubles Dys.
La FFDys demande que cette recommandation couvre l’ensemble du parcours de vie : repérage, diagnostic, accompagnement, scolarité, études supérieures, formation, emploi et vie quotidienne.
Mais il serait paradoxal d’attendre cette recommandation pour résoudre les difficultés déjà identifiées.
Les enfants et les adultes Dys ont besoin de réponses maintenant.
Repérer plus tôt : oui, mais avec des professionnels et des moyens
La FFDys soutient pleinement le principe annoncé d’une identification plus précoce permettant de mettre en place des adaptations pédagogiques et des prises en charge de santé sans attendre le diagnostic (recommandations de la HAS 2018).
Un enfant ne doit pas attendre plusieurs années pour bénéficier d’adaptations ou de prises en charge dont ses difficultés montrent déjà la nécessité.
Il faut renforcer l’articulation entre l’Éducation nationale, les professionnels de santé, les familles et les structures du médico-social, avec des professionnels formés et des moyens adaptés (voir les recommandations du comité scientifique de la FFDys)
Examens : les annonces doivent devenir des garanties
La CNH annonce une amélioration des aménagements aux examens.
Pour la FFDys, cette annonce doit être suivie d’effets très rapidement.
Les difficultés rencontrées par les élèves et étudiants Dys montrent que l’existence d’un droit ne garantit pas son exercice effectif. Les pratiques peuvent encore varier selon les territoires, les établissements ou les procédures utilisées.
La FFDys demande une harmonisation nationale, une meilleure continuité entre les aménagements accordés pendant la scolarité et ceux des examens, ainsi que des procédures simples, sécurisées et assorties de recours rapides. La mise en place des recommandations du défenseur des droits doit être effective.
Le droit à compensation ne doit pas dépendre de l’académie dans laquelle un jeune passe son examen.
Une école inclusive et/ou accessible à tout le monde : passer des principes aux pratiques
La CNH prévoit de renforcer l’accessibilité des environnements scolaires et des situations d’apprentissage et d’intégrer ces enjeux dans la formation des professionnels de l’Éducation nationale y compris les AESH.
La FFDys soutient cette orientation.
Le bilan de la précédente CNH fait notamment état d’un important plan de formation des enseignants et avec un axe consacré à l’école inclusive, pourtant aujourd’hui les enseignants ne sont pas formés sur les troubles Dys.
Pour aller plus loin, le comité scientifique de la FFDys a publié des recommandations en 2023.
Et en 2025 sur la formation initiale des enseignants.
L’enjeu est désormais de compléter les formations et mesurer les résultats sur le terrain.
Chaque enseignant doit pouvoir disposer des connaissances et des outils nécessaires pour accompagner un élève Dys, sans que la réponse dépende de la bonne volonté ou de l’expérience individuelle.
La FFDys accueille également avec intérêt le développement d’outils pédagogiques utilisant l’intelligence artificielle. Elle rappelle toutefois que la technologie doit faciliter l’accessibilité, et non être un substitut à l’accompagnement humain (AESH) et à la formation.
Une meilleure coordination, à condition qu’elle produise des solutions
La CNH prévoit une gouvernance départementale associant Éducation nationale, MDPH et ARS afin de rendre les parcours plus fluides et de faire en sorte qu’aucun enfant ne reste sans solution.
La FFDys partage cet objectif.
Mais les familles ne doivent pas être renvoyées d’une institution à l’autre.
Une nouvelle gouvernance n’aura de sens que si elle s’accompagne de moyens, de responsabilités clairement identifiées, de délais et d’indicateurs de résultats et si elle associe les associations de personnes en situation de handicap à ce projet.
Les adultes Dys ne doivent pas être les oubliés
La FFDys regrette que les annonces concernant les troubles Dys restent principalement centrées sur l’enfance et la scolarité.
Être Dys ne s’arrête pas à la sortie de l’école.
Les difficultés concernent également l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les concours, l’accès à l’emploi, le maintien dans l’emploi et de nombreuses démarches de la vie quotidienne.
L’objectif annoncé de généraliser la démarche Atypie Friendly à l’ensemble des universités signataires d’ici 2028 constitue une avancée.
Mais il faut désormais construire une véritable continuité du lycée à l’enseignement supérieur, puis de la formation vers l’emploi.
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Les 8 demandes prioritaires de la FFDys
- Un calendrier précis pour la recommandation HAS dédiée aux troubles Dys, avec une association pleine et entière des personnes concernées, des familles et des associations.
- Des adaptations pédagogiques dès le repérage des difficultés, sans attendre un diagnostic, avec des professionnels formés et une articulation effective entre école, santé et famille.
- La garantie effective des aménagements aux examens, avec des pratiques harmonisées au niveau national et des recours rapides en cas de difficulté.
- Une formation obligatoire et opérationnelle des professionnels de l’Éducation nationalesur les troubles Dys et l’accessibilité pédagogique.
- La mise en œuvre effective de l’intervention des professionnels de santé dans les établissements scolaires, annoncée lors d’une précédente CNH mais qui reste à concrétiser.
- Une gouvernance Éducation nationale–MDPH–ARS et les Associations qui garantisse réellement une solution, avec des responsabilités, des délais et des moyens clairement identifiés.
- Une véritable politique pour les adultes Dys, couvrant la formation professionnelle, les concours, l’emploi et le maintien dans l’emploi.
- Un suivi public des engagements de la CNH, avec des indicateurs permettant de mesurer, année après année, les progrès réellement accomplis pour les personnes Dys. A titre d’exemple, la réforme du guide barème en 2023 n’a pas démarré.
Reconnaître, c’est important. Garantir, c’est indispensable.
La CNH 2026 constitue une étape positive : les troubles Dys sont davantage reconnus dans les politiques publiques et la nécessité d’une recommandation nationale spécifique est enfin affirmée.
Mais les personnes Dys et leurs familles attendent désormais des résultats concrets.
La FFDys demande que les annonces soient accompagnées d’un calendrier, de moyens, d’objectifs mesurables et d’une évaluation régulière, et que les associations représentant les personnes concernées soient pleinement associées au suivi de leur mise en œuvre.
Les personnes Dys n’attendent plus seulement que leurs difficultés soient reconnues. Elles attendent que leurs droits soient effectivement respectés, partout et pour tous.
➡️ La Conférence Nationale du Handicap ouvre une nouvelle étape.
➡️ La FFDys demande maintenant que cette étape débouche sur des actes.
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